Une innovation sanitaire conçue et réalisée en Savoie vient de faire son apparition. Une cabine UV qui tue toutes les bactéries présentes sur un chariot de supermarché avant de faire les courses. Notre reportage au supermarché Leclerc à Drumettaz-Clarafond qui teste actuellement la machine.

C’est en observant avec effroi sa fille en bas âge téter les bords du chariot lorsqu’il faisait les courses en supermarché qu’Anthony Veuillet a eu l’idée de créer une machine de nettoyage. C’était en 2015. Cet entrepreneur de Méry, spécialisé dans la sous-traitance industrielle, noue à l’époque un partenariat avec le Leclerc de Drumettaz-Clarafond pour tester la machine qu’il a inventée : une cabine qui passe le chariot de courses sous un arrosage de spray désinfectant. Mais l’invention ne fait pas recette. « Les gens n’aimaient pas récupérer le chariot mouillé. Et puis ils ne voyaient pas trop l’intérêt », se souvient le concepteur.

Cinq ans plus tard, le pays, attaqué par le coronavirus, ne sait plus à quel objet sain se vouer pour assurer sa sécurité sanitaire. Le directeur du Leclerc DrumettazClarafond, Mikaël Martinet, se remémore l’essai avorté avec la société Poltec et reprend contact avec Anthony Veuillet. Ensemble, ils réfléchissent à un nouveau concept, plus adapté à la demande. Quelques semaines de réflexions et d’essais plus tard, naît Sanitroll, une cabine de désinfection pour chariot fonctionnant uniquement aux lampes UV.

« La cabine sera aussi utile en période de grippe ou de gastro-entérite »

Installée en test dans le hall de Leclerc depuis mardi, elle fait un tabac. D’instinct, les clients se dirigent vers la machine et poussent leur chariot à l’intérieur. Sans aucun bouton à toucher, les lampes UV se déclenchent à la détection du chariot. Une lumière bleutée l’enveloppe durant 20 secondes. Le temps pour le client de se frotter les mains au gel hydroalcoolique grâce au distributeur sans contact installé à côté. Le voyant repasse au vert, la personne appuie sur une pédale pour faire basculer le chariot en arrière et la voilà partie dans les rayons pour faire ses achats, débarrassée de toutes sources potentielles de contamination.

Une machine imaginée, conçue et testée en Savoie Sanitroll, la machine de désinfection par lampes UV est une innovation made in Savoie, à a marque déposée. Imaginée par Anthony Veuillet, gérant de la société Poltec située sur la zone industrielle de Savoie Hexapole à Méry, elle y est également fabriquée. Cette cabine est équipée des toutes dernières technologies de traitement UV-C pour mettre en lumière et détruire les virus, microbes et bactéries. Ça ne prend qu’une poignée de secondes, sans produit. Bien sûr, les mesures de sécurité ont été pensées pour éviter les accidents. Trois pictogrammes figurent sur la paroi : interdiction pour un être humain d’entrer dans la cabine, interdiction d’entrer un chariot avec les courses dedans et interdiction d’engouffrer un chariot dans la cabine avec un enfant à bord. On n’est jamais trop prudent… De toute manière, si la machine détecte du mouvement à l’intérieur, elle
ne s’enclenche pas.

Le prototype est actuellement en test au supermarché Leclerc de Drumettaz-Clarafond. Si l’essai est concluant, M. Veuillet assure qu’il sera en capacité de faire face à la demande des commerces employant des chariots. « Toutes les pièces d’assemblage sont françaises, tout est fabriqué sur place. Nous ne connaîtrons jamais de problème de pénurie lié à l’importation ». Leçon a été tirée de l’affaire des masques…

Non loin de la cabine, Catherine Aitis, présidente de la société Leclerc, observait ce mercredi avec intérêt l’appropriation immédiate de cette machine par ses clients. « Les gestes sanitaires adoptés depuis le début de la pandémie vont, je pense, s’inscrire durablement dans les habitudes quotidiennes des Français. Si le test de Sanitroll est concluant, la machine aura vocation à rester là de manière pérenne. Car elle sera également utile en période de grippe, de gastro-entérite et tout type d’attaque virale », conclut-elle.

Interrogée, une cliente qui attend son chariot en traitement maugrée. « On doit déjà mettre des masques, du gel et maintenant, on nous oblige à désinfecter les chariots ! Ça va faire une queue pas possible si on doit tous passer par là ! ». Apprenant qu’il n’y a aucune obligation à utiliser la machine, celle-ci se radoucit. « Ah ! Si on fait comme on veut alors c’est très bien. Ça rassurera ceux qui ont peur des microbes ! » rigole-t-elle en s’éloignant. Derrière elle, la cabine Sanitroll n’en finit plus de diffuser sa lumière bleue